Des solutions pratiques pour les jeunes diplômés
C’est pour la quatrième année consécutive que l’Association tunisienne d’aide à l’insertion des jeunes (ATIJ) organise, au sein du complexe sportif de Borj Cédria, une colonie de vacances pour l’encouragement de l’emploi et de l’initiative privée. Cette action a débuté cette année le 3 juillet et se poursuit jusqu’au 9 de ce mois.

Elle rassemble une centaine de jeunes diplômés du supérieur à la recherche d’idées de projets ou d’un perfectionnement d’une pensée. M. Brahim Ouslati, président de l’association, souligne que ce rendez-vous annuel, qui a l’avantage de rassembler des diplômés venant de tout le pays, permet en partie de résoudre les problèmes d’insertion des jeunes dans la vie active. Il note par ailleurs, que ce cycle de formation périodique, mené avec l’aide de plusieurs partenaires (Agence nationale de l’emploi et du travail indépendant, Fonds 2121 et BTS) est fort intéressant. «Notre population cible est constituée de diplômés du supérieur, formés dans le cadre du 2121 et en quête de solutions pour s’introduire dans le monde du travail. Notre objectif étant de les rapprocher au mieux de ce monde. Nous opérons selon une technique appelée « méthode Moraine » et qui permet d’abord d’accompagner les jeunes dans l’identification des idées de projets et par la suite la réalisation de ces projets. Nous œuvrons aussi à ce que ces jeunes rencontrent le moins de complications possibles lors du montage de leur projet. Notre rôle consiste alors à leur présenter les différentes étapes de la préparation d’un projet, les rouages de l’administration, ainsi que les différents mécanismes de financement mis à leur disposition ». M. Ouslati confirme également l’importance du suivi des sessions déjà réalisées, dans le sens où elles permettent de devancer les lacunes dans le futur.

Joindre l’utile à l’agréable

Lors de l’ouverture officielle de cette session, les participants sont tous venus écouter un discours certes politique mais également concret de M Kamel Hadj Sassi, secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse. Pour sa part, cette initiative est unique, dans le sens où elle rassemble des jeunes avec des représentants des différentes administrations chargés de l’emploi en Tunisie. « J’estime que cette colonie de vacances, qui joint incontestablement l’utile à l’agréable, est un vrai laboratoire. Elle informe à la fois, les jeunes des différents programmes et mécanismes élaborés par l’Etat pour dynamiser la machine de l’emploi, mais qui reste aussi à l’écoute d’une population vulnérable très soucieuse de son avenir. Cette expérience permet à l’Etat d’évaluer ses structures d’aide à l’emploi et d’ajuster ainsi ses efforts en faveur de cette catégorie. Cet espace d’échanges permet au mieux d’encourager l’initiative privée et l’esprit entreprenarial». Le secrétaire d’Etat, qui s’est exprimé dans une ambiance très détendue, va même jusqu’à proposer la présentation de « success stories » aux étudiants du supérieur pour les rassurer et leur montrer que toutes les idées sont réalisables à condition qu’elles soient bien ficelées. Une autre condition importante pour la réussite des projets, celle de la « culture du développement ». Pour lui, tout jeune doit être préparé dès son plus jeune âge à la vie active. « C’est une condition nécessaire pour que ce dernier sache faire ses choix. Il doit savoir se préparer aux problèmes qu’il pourrait rencontrer pour les dépasser sans surprises et sans dégâts». Le secrétaire d’Etat a tenu devant ces jeunes un discours qui rassure. Il leur a montré à travers des exemples concrets combien l’esprit d’initiative est encouragé en Tunisie.

Pour sa part, M Chawki Bahrini, responsable de la formation selon la « méthode moraine », explique que ce procédé (Méthode originale de recherche active d’idées nouvelles pour entreprendre) cible toutes les personnes voulant entreprendre pour leur propre compte, et ce, qu’elle soit porteuse d’idées ou sans idée précise. Cette méthode développe le potentiel de création en s’outillant de méthodologie pour produire des idées et pour les tester ensuite.

Du côté des participants, M Akrem Karoui, qui est maîtrisard de droit en 2005,a bénéficié une formation complémentaire de 9 mois ,dans le cadre du Fonds 2121. Et suite à une demande déposée au bureau de l’emploi de Jendouba, il a vu sa candidature acceptée pour la formation de l’ATIJ. « Je trouve que le programme est intéressant puisqu’il aura déjà le mérite de me faire connaître à travers des chiffres palpables les potentialités qui existent au sein de ma propre région. Cela m’aiderait beaucoup dans le choix du projet que je compte monter. Je suis également intéressé de voir tous les mécanismes de financement pour que je puisse réfléchir correctement au type d’entreprise à lancer ». Par ailleurs, Melle Haïfa El Gendoubi, diplômée l’an dernier des Beaux-Arts, cherche à mettre de l’ordre dans ses idées. Elle est venue sans idée prédéterminée, mais elle estime que la session va beaucoup l’aider à identifier le créneau qui lui conviendra le mieux. « Je suis pleine de bonne volonté, et très motivée et je pense que ce cycle d’apprentissage à la vie active me sera d’un grand apport ».